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Faune de Guyane : 15 animaux à observer en Amazonie française

La Guyane abrite l’une des biodiversités les plus riches du monde. Avec 8 millions d’hectares de forêt amazonienne, ce territoire français continental accueille plus de 700 espèces d’oiseaux, 180 espèces de mammifères et des centaines de reptiles et amphibiens. Le jaguar, le tapir de Baird, le caïman noir et l’ara rouge en sont les emblèmes absolus.


Pourquoi la Guyane est-elle un sanctuaire faunistique exceptionnel ?

La Guyane française constitue le territoire le plus forestier de l’Union européenne : 96 % de sa superficie est couverte de forêt tropicale primaire. Cette densité végétale quasi intacte explique la concentration exceptionnelle d’espèces animales. Le Parc Amazonien de Guyane, créé en 2007, protège à lui seul 3,4 millions d’hectares dans le sud du département, dont une zone de cœur strictement préservée de toute activité humaine permanente.

Contrairement à d’autres destinations amazoniennes, la Guyane n’a pas subi de déforestation massive. Les routes goudronnées s’arrêtent à la lisière de la forêt profonde. Au-delà de Saint-Laurent du Maroni à l’ouest ou de Maripasoula au sud, seules les pirogues permettent de progresser sur les fleuves Maroni et Oyapock. C’est précisément cette inaccessibilité relative qui préserve une faune sauvage dans un état remarquable.

L’observateur patient, accompagné d’un guide local agréé, peut espérer des rencontres rares avec des espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs en territoire français.


Les mammifères emblématiques de la forêt guyanaise

mammifère dans la forêt amazonienne
jaguar

Le jaguar (Panthera onca)

Le jaguar est le plus grand félin des Amériques et le prédateur apex de la forêt guyanaise. La Guyane compte l’une des populations de jaguars les mieux préservées d’Amérique du Sud, estimée entre 1 500 et 2 000 individus sur l’ensemble du massif forestier. L’animal est principalement nocturne et crépusculaire. Les rencontres diurnes sont rares mais documentées, notamment sur les berges des fleuves où le jaguar vient boire ou chasser les tortues.

Les meilleures chances d’observation se situent dans les zones proches du fleuve Maroni supérieur, entre Maripasoula et la frontière brésilienne. Un guide amérindien ou marron connaissant les pistes de passage augmente significativement les probabilités de repérage de traces, de crottes ou d’empreintes fraîches.

Difficulté d’observation : très difficile. Comptez plusieurs jours en forêt profonde. Zone recommandée : Parc Amazonien de Guyane, secteur de la Camopi.

Le tapir de Baird ou tapir terrestre (Tapirus terrestris)

Le tapir terrestre est le plus grand mammifère terrestre de Guyane, pouvant atteindre 250 kg. Herbivore discret, il fréquente les abords des cours d’eau où il vient se baigner régulièrement, notamment à l’aube et en fin d’après-midi. Son museau préhensile lui permet de brouter feuilles et fruits tombés au sol. Le tapir est une espèce vulnérable selon l’UICN, mais sa population guyanaise reste stable grâce à la protection de son habitat.

Les crabiers du Maroni, les piroguiers locaux, signalent régulièrement des tapirs sur les berges entre Saint-Jean du Maroni et Apatou. Une sortie en pirogue à l’aube, moteur coupé, est la technique la plus efficace pour l’observer.

Difficulté d’observation : modérée avec guide. Zone recommandée : berges du Maroni entre Apatou et Saint-Laurent.

Le pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari)

Cousin du sanglier américain, le pécari à lèvres blanches se déplace en troupes pouvant regrouper plusieurs dizaines d’individus, parfois plus d’une centaine. Ce déplacement collectif produit un bruit caractéristique, facilement repérable par les guides expérimentés. L’espèce joue un rôle fondamental dans la dissémination des graines et le renouvellement de la forêt tropicale.

Le singe hurleur roux (Alouatta seniculus)

Le singe hurleur roux est probablement l’animal qu’un voyageur en Guyane entendra avant de voir. Ses vocalises au lever du soleil, ressemblant à un rugissement grave et prolongé, peuvent s’entendre à plus de 3 km en forêt ouverte. Vivant en groupes familiaux de 6 à 15 individus dans la canopée, il est relativement facile à observer depuis une pirogue sur les fleuves forestiers. Les populations sont abondantes le long du Maroni et de ses affluents.

Le singe araignée (Ateles paniscus)

Plus rare que le singe hurleur, le singe araignée noir est l’un des primates les plus agiles de la canopée guyanaise. Ses longs membres et sa queue préhensile lui permettent de se déplacer à grande vitesse dans les hautes branches. Son statut est préoccupant car il est sensible à la chasse et à la fragmentation forestière. L’observer en forêt primaire, loin des villages, reste un privilège.


Les reptiles et amphibiens : une richesse méconnue

Le caïman noir (Melanosuchus niger)

Le caïman noir est le plus grand crocodilien d’Amazonie, pouvant dépasser 5 mètres pour les mâles adultes. Espèce autrefois proche de l’extinction due à la chasse intensive, sa population guyanaise s’est bien reconstituée depuis les années 1980 grâce à une protection stricte. On le repère facilement lors de sorties nocturnes en pirogue, les yeux rougeoyant à la lumière de la torche sur les eaux noires des igarapés (petits bras de fleuve). Le fleuve Approuague et la réserve naturelle des Nouragues sont des zones d’observation privilegiées.

Difficulté d’observation : facile la nuit en pirogue. Zone recommandée : rivière Approuague, réserve naturelle des Nouragues.

Le caïman à lunettes (Caiman crocodilus)

Beaucoup plus commun que son cousin noir, le caïman à lunettes peuple tous les cours d’eau, marécages et savanes inondables de Guyane. Sa taille modeste (rarement plus de 2,5 m) et son comportement peu agressif en font l’espèce la plus fréquemment observée lors des sorties en pirogue, même à proximité de Cayenne, notamment dans les marais de Kaw.

L’anaconda géant (Eunectes murinus)

L’anaconda vert ou anaconda géant est le plus lourd serpent du monde, pouvant dépasser 70 kg pour les grandes femelles. Il fréquente les zones marécageuses, les berges des fleuves et les savanes inondées. La réserve naturelle des marais de Kaw, à 60 km à l’est de Cayenne, est le site le plus fiable pour l’observation de l’anaconda en Guyane. Des sorties guidées nocturnes en pirogue y sont organisées par des prestataires agréés.

La tortue luth (Dermochelys coriacea)

La tortue luth est le plus grand reptile vivant, pouvant peser jusqu’à 700 kg. Les plages de Guyane, et notamment la plage d’Awala-Yalimapo en territoire amérindien, constituent l’un des sites de ponte les plus importants au monde pour cette espèce. Entre mars et août, des centaines de femelles viennent pondre la nuit. L’accès est réglementé et encadré par l’Association Kwata, qui organise des sorties nocturnes avec des guides certifiés, limitées en nombre pour préserver les animaux.

Période idéale : avril à juillet pour les pontes, juillet à septembre pour l’éclosion. Réservation obligatoire auprès de la mairie d’Awala-Yalimapo.


Les oiseaux : 700 espèces pour les ornithologues

Oiseaux en Guyane
Oiseau du paradis

L’ara rouge (Ara macao)

L’ara rouge est l’oiseau symbole de l’Amazonie guyanaise. Son plumage écarlate strié de bleu et de jaune en fait l’un des perroquets les plus spectaculaires au monde. Il vit en couples fidèles et se déplace bruyamment en volant au-dessus de la canopée. On l’observe facilement depuis les belvédères forestiers ou lors des descentes en pirogue sur le Maroni. Les forêts autour de Saint-Laurent du Maroni et du bourg de Saül abritent des populations stables.

L’harpy (Harpia harpyja)

L’harpie féroce est le plus puissant aigle du monde. Ses serres, comparables en taille à celles d’un grizzly, lui permettent de capturer singes et paresseux dans la canopée. Rare et difficile à observer, elle requiert plusieurs jours en forêt primaire profonde. La réserve des Nouragues, accessible uniquement par avion ou à pied depuis la piste de Régina, est l’un des rares endroits où des observations régulières sont documentées.

Le toucan à bec caréné (Ramphastos vitellinus)

Plus discret mais plus courant que l’ara, le toucan à bec caréné est présent dans toute la forêt guyanaise. Son cri caractéristique, répété en séquences courtes, est l’un des sons les plus représentatifs de la forêt tropicale au lever du jour. Les ornithologues recensent plusieurs espèces de toucans en Guyane.

Le kamichi cornu (Anhima cornuta)

Le kamichi cornu est un oiseau aquatique singulier, reconnaissable à la longue corne filiforme qui dépasse de son front. Peu connu hors des cercles ornithologiques, il fréquente les savanes inondées de la plaine côtière guyanaise, notamment autour de Sinnamary et d’Iracoubo. Une observation de cette espèce figure sur les listes de souhaits des ornithologues venus spécialement pour le « birding » en Guyane.


Les mammifères marins du littoral guyanais

Le lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus)

mammifère marin en Guyane

Le lamantin, aussi appelé vache de mer, fréquente les eaux calmes de l’estuaire du Maroni et certaines zones côtières. Herbivore placide, il broute les herbiers aquatiques dans des eaux peu profondes. Espèce vulnérable, sa discrétion naturelle et les eaux turbides du littoral guyanais rendent l’observation très difficile. Les pêcheurs amérindiens de la région d’Awala-Yalimapo le signalent ponctuellement.


Tableau récapitulatif : où et quand observer la faune guyanaise

EspèceZone d’observationDifficultéMeilleure période
JaguarParc Amazonien, CamopiTrès difficileSaison sèche (août-oct.)
TapirBerges du MaroniModéréeAube, toute l’année
Caïman noirRivière ApprouagueFacile (nuit)Toute l’année
Caïman à lunettesMarais de KawTrès facileToute l’année
AnacondaMarais de KawModérée (nuit)Saison des pluies
Tortue luthAwala-YalimapoFacile (nuit)Avril à juillet
Ara rougeSaint-Laurent, SaülFacileToute l’année
Harpie féroceNouraguesTrès difficileSaison sèche
Singe hurleurFleuves forestiersFacileToute l’année
LamantinEstuaire du MaroniTrès difficileToute l’année

Comment organiser une observation faunistique en Guyane ?

Trois règles conditionnent le succès d’un séjour axé sur la faune sauvage en Guyane.

Premièrement, se faire accompagner d’un guide agréé. La forêt guyanaise est dense, les pistes peu balisées et les conditions peuvent être difficiles. Un guide amérindien ou marron connaissant les territoires intérieurs décuple les chances d’observation et garantit la sécurité. L’Office de Tourisme de Guyane tient à jour la liste des prestataires certifiés.

Deuxièmement, respecter les zones protégées. Le Parc Amazonien de Guyane impose des règles strictes pour les visiteurs : zonage en zones de libre adhésion et zones de cœur, interdiction de prélèvement, obligation de passer par des prestataires locaux pour les zones les plus sensibles.

Troisièmement, adapter ses horaires. La faune amazoniennes est majoritairement active à l’aube (5h-7h) et en fin d’après-midi (16h-18h), ou la nuit pour les espèces nocturnes. Les heures centrales de la journée, sous une chaleur de 32-35°C, sont les moins productives pour l’observation.

Pour le maillage interne vers les articles déjà publiés du silo Guyane, les liens seront intégrés au fur et à mesure de la mise en ligne des articles sur le Parc Amazonien, le fleuve Maroni et les marais de Kaw.

FAQ — Faune de Guyane

Quels animaux peut-on voir en Guyane

 La Guyane abrite plus de 180 espèces de mammifères et 700 espèces d’oiseaux. Les animaux emblématiques sont le jaguar, le tapir terrestre, le caïman noir, l’anaconda géant, l’ara rouge et la tortue luth. La forêt amazonienne guyanaise est l’une des plus riches au monde en biodiversité, avec une grande partie préservée au sein du Parc Amazonien de Guyane (3,4 millions d’hectares).

Où observer des jaguars en Guyane ?

Le jaguar est présent sur l’ensemble du massif forestier guyanais, mais l’observation directe reste très rare. Les meilleures zones sont le secteur de la Camopi, dans le cœur du Parc Amazonien de Guyane, et les berges du Maroni supérieur entre Maripasoula et la frontière brésilienne. Une sortie avec un guide amérindien local, de plusieurs jours, est indispensable. La saison sèche (août à octobre) est la période la plus favorable.

La Guyane est-elle plus riche en faune que la Martinique ou la Guadeloupe ?▾

Comparatif Oui, sans commune mesure. La Guyane est un territoire continental amazonien de 83 846 km², couvert à 96 % de forêt primaire. Elle abrite des grands mammifères (jaguar, tapir, pécari), des crocodiliens de grande taille et des centaines d’espèces endémiques absentes des Antilles. La Martinique et la Guadeloupe, îles tropicales, offrent une biodiversité insulaire plus limitée, sans grands prédateurs terrestres ni faune amazonienne.

Où voir les tortues marines en Guyane et à quelle période ?

 La plage d’Awala-Yalimapo, en territoire amérindien à 270 km à l’ouest de Cayenne, est l’un des sites de ponte de la tortue luth les plus importants au monde. Les sorties nocturnes sont organisées d’avril à juillet pour les pontes et de juillet à septembre pour les éclosions. L’accès est réglementé et nécessite une réservation auprès de la mairie d’Awala-Yalimapo. Le nombre de visiteurs par nuit est limité pour protéger les animaux.

Un voyage en Guyane avec des enfants est-il compatible avec l’observation de la faune ?

Oui, pour certaines activités. Les marais de Kaw (60 km de Cayenne) permettent d’observer caïmans à lunettes, anacondas et oiseaux lors de sorties en pirogue adaptées aux familles. Les pontes de tortues à Awala-Yalimapo sont accessibles dès 6-7 ans. En revanche, les expéditions en forêt profonde (jaguar, harpie) impliquent plusieurs jours de marche difficile et ne sont pas recommandées avec de jeunes enfants.

Quel budget prévoir pour un séjour faune en Guyane ?

Comptez entre 150 et 300 € par jour tout compris (guide, pirogue, hébergement en carbet, repas) pour une expédition en forêt avec nuitées. Les sorties à la journée depuis Cayenne (marais de Kaw, observation nocturne des caïmans) se situent entre 60 et 120 € par personne. L’observation des tortues à Awala-Yalimapo est peu coûteuse (entrée symbolique + hébergement local). Le principal poste budgétaire reste le transport en pirogue vers l’intérieur des terres.